Le vent du continent
Assèche les vallons
En soupirs lancinants
Aux égards un peu longs…
Toute hirsute de froid
La dune s’empoussière
L’hiver est bien le roi
Les sentiers sont déserts…
...
Eventé sous la lune
Un soleil désespoir
Qui se noie sans rancune
En ce temps presque soir…
Balayé sur la dune
Ou frisson des lavoirs
La risée opportune
Quelques feuilles laissent choir…
...
Craquement d’un éclair
M’abandonne ébloui…
Si la foudre m’espère
Dessus la pierre enfouie
Qu’implose l’esprit masqué
Cette âme ensevelie
Sans répit attaquée
Aux bords de la folie.
Révélation, qui sait ?...
Lagune immense
Vapeurs lointaines
Clameurs légères
Chaleur pesante
Toute la terre
Brûlée de sel
Etouffe un peu
Le galop fou
D’un animal…
Croisent dans le ciel
Les flamands roses
...
Ô ce vent incessant
Si humide et puissant
Qui chasse de la côte
Celui qui fut son hôte
Ces matins redoutés
Revêtus de gelées…
Ô ce vent agaçant
Si brutal et pressant
Qui chahute les eaux
...
Comme la rivière
Fraîche et fuyante,
Comme une poudre
Là s’échappant,
Comme le sable
Du sablier
Glisse le temps
Insaisissable
Irrattrapable
Impardonnable…
L’heure du...
Simples notes posées
Sur cinq lignes en chemin
En écriture osée
Par une douce main…
Pareilles aux hirondelles
Préparant leur voyage
Droites comme sentinelles
Elles attendent bien sages…
...
Je connais de ces soirs
Bien humides et frisquets
De ces longs crépuscules
Qui comme le froid soudain
Figent d’un coup nos sangs
En transformant alors
Nos chemins si rieurs
De midis insouciants,
En accès...
Juste un souffle léger
Juste un vent parfumé
Une simple fragrance
Comme un air de vacances…
Juste l’envol velouté
Juste une onde bleutée
Ourlant la plage émue
D’un baiser convenu…
...
Brindilles craquantes sous les semelles
Signale un pas, une présence
Quand dans le ciel tout s’entremêle
Le gris, le bleu, l’éther immense…
Et le sous bois filtre l’espoir
L’enfant a peur, il pense aux contes
...
En paillettes glacées
Les épines crépitent.
L’air paraît me pincer,
Les parfums qui l’habitent
Timides se retiennent
Et pourtant, me reviennent…
Humer ce matin vif
Snobant les yeux craintifs.
...
Laiteux, ce voile
Par-dessus le vieux bois
Les branches qui claquent
Sous le sabot des ânes…
Pellicule glacée
Sur l’humus rouillé
Le ruban bleu, tranquille
Qui saigne ce tableau…
...
Mon esprit est parti
Ectoplasme malicieux
Sur la lune danser
Sous les yeux des étoiles…
Mon esprit est parti
Dans ce monde délicieux
S’exercer à penser
Masqué derrière une toile…
...
J’ai rêvé d’un tapis d’ajoncs d’or
Recouvrant le plateau jusqu’au nord
Féerie de couleurs apparues
Mêlées parfois aux bruyères drues…
J’ai rêvé d’une plage endormie
Insensible aux caresses amies
D’une mer...
Viennent se mourir sur le sable,
Les dernières heures
D’une année bien étrange…
Apparaissent déjà,
Venant de l’horizon
Des houles nouvelles,
Porteuses de présents…
Merci à vous, fidèles visiteurs
...
Humides un peu salées
Les brumes vagabondes
A peine dérangées
Par les lueurs câlines
D’un soleil hésitant…
Les perles frémissantes
Ornant les aiguilles vertes
Comme fouillis d’émeraude…
L’envol d’un seul...
J’ai rencontré la bise à l’ombre d’une haie
Venue chasser la brume étouffant l’horizon
Je l’ai sentie soudain tel un vil camouflet
Brisant net mon élan en cette froide saison…
Branches déguenillées couvrant sente givrée
...
Le souvenir lointain
D’une chambre bien froide
Qui au petit matin
Dans mes draps un peu roides
M’éveillait lentement
Quel émerveillement…
Juste au coin de la chambre
Bordée de mousse fraîche
...
Qu’elle est belle et lascive
La rivière qui serpente
Elle caresse les rives
De ses eaux sombres et lentes…
Cette belle d’hiver
Se nomme le Blavet
Que la vallée révère
En ce beau matin frais…
...
Trois lointains oiseaux noirs
Soulignant l’horizon
Aux coloris du soir
Ont rejoint le gazon
Où reposent les bancs
Observatoires anciens
Des passantes d’antan
Mais ce soir, elles sont loin…
...
Reflets associés
Images croisées
La mare aux trésors
Accueille à son bord
Les calmes berniques
Nourries d’Atlantique…
Miroir si tranquille
Aux marches de l’île
Là même où la brise
N’aura pas de...
Comme ce bleu permanent
Des journées sèches et froides
Est tableau monotone
Au marchand de couleurs…
Me manquent les nuages
Aux formes surprenantes
Etirés dans le ciel
Ou bien gonflés d’orgueil…...
Matinal pincement
Précoce, infiniment
Une perle de glace
Comme verre qui casse
Une voûte céleste
Aux teintes trop modestes…
En ces temps de Noël
Faut-il donc que ce ciel
Dévoilant ses...
Je ne sais plus
Mais c'est un tout,
Trop compliqué,
Trop déprimé,
Trop mélangé,
Tellement froissé,
Si chiffonné…
Bon à trouver
L'accueil glacé
D'une poubelle
Juste...
Dressée dans le salon
La pendule sournoise
Haute comme un cercueil
Au sourire trop cuivré
Laisse négligemment
Son balancier pâlot
Scander le temps qui passe…
Obsession ordinaire
Devant...
Le hurlement nocturne
Troubla l’ombre taciturne,
Projetée sur la pierre
Imprégnée de mystère…
Hululement lointain
S’éteignant au matin,
Laissant place à l’aurore
Ses parures et ses ors…
...
J’entends, là, comme un orgue
Une musique céleste
Des chants en contrepoint
D’oiseaux vagabondant…
J’entends, là, comme un souffle
Un soupir, un murmure
Mêlés au bruissement
D’une mer réveillée…
...
Il y a l’impatience
A visiter le science
D’en connaître peut-être
Et de laisser paraître
Des idées généreuses
Pour des années heureuses…
Oubliées les batailles
Méprisée la mitraille
...
Les trois dernières feuilles
De mon grand châtaigner
Sont parties ce matin
Portées par cette bise,
Ma foi peu affectueuse ...
Ont peut-être survolé
La campagne et la mer
Pour rejoindre là-bas,...
Quand la sueur et des larmes
Ruissellent sur la peau
D’un pauvre homme perdu
Désespoir et colère
A l’assaut d’un vieux corps
Poussière des multitudes…
Etranger, sans- abri
Un carton pour seul...
Le souvenir d’une cale
Et d’une vedette jaune
De ces grands montres gris
Perchoirs à cormorans
Première traversée
Sur cette rade si chère
Je n’avais pas cinq ans….
Le souvenir d’une vague
...
Ce matin, je n’ai vu que la mer…
Ses lames de pur argent
Ses vaguelettes fières
Goûtant le sable blanc…
Ce matin, je n’ai vu que le ciel…
Ses nuages esquissés
Dessus la lande miel
Et les vallons...
Imagines-tu le ciel griffé de très fins cheveux d’anges ?
Au-delà des rochers verdoyants du jusant,
Exposée, à tes yeux, l’aquarelle parfumée,
Le sable alangui où mille bêtes palpitent,
Un canot exposé qui dessine son ombre.
Une...
Me faut encore attendre
Voire même aussi prétendre,
Pour que naissent les mots
Pour accoucher mes maux...
Dans ce couloir trop froid,
Où, c'est avec effroi,
Que je pèse les ans
De plus en plus pesants...
...
Limpide et cristallin,
Comme un voile troublé
Aux images océanes
Le ciel lâche, ébloui,
Ses longs rayons obliques
Qui tutoient en faisceaux
Cette houle paisible
Venue de l’horizon…
Les arbres...
Esquisse d’un trait d’ombre
Sur une mer étale
Mur étrange
Pour ultime rempart…
L’île semble immobile
Avec sa langue pâle
Qui goûte l’océan
Puis, pareil au safran
Plongent ses dernières...
Une fleur simplement dressée
Face au ciel tout à coup bleuté
Une mer juste nonchalante
Une crique aux eaux transparentes
Puis le chœur des oiseaux marins
Touche ultime à ce doux écrin…
Jaillie des turbulents Coureaux
Comme bouquet aquatique,
Caillou, fier et sauvage
Île protectrice
Aux falaises abruptes,
Ciel habillé de voiles
Colorées et gonflées
Glissant comme nuages
Sur l’azur...
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